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Lu, vu et écouté pour vous
Lectures pour l’action no. 41
C.B. :: 26 08 07 :: 22:00 T.U.

Lire pour comprendre le monde, lire pour se former... A notre époque la lecture peut être un acte profondément révolutionnaire et un bon livre une arme efficace... Pour guider ses lecteurs, Résistance leur conseille dans chaque numéro une sélection thématique d’ouvrages.

L’élection de Nicolas Sarkozy a incontestablement été pour partie le fait d’une inquiétude diffuse de la population française qui s’est portée sur un candidat capable de la rassurer en lui promettant une répression renforcée. C’est cette insécurité dont traite Olivier Hassid dans La Société vulnérable [Le Félin]. Il y fait un bilan objectif des problèmes de sécurité en Europe : quelle est la probabilité d’être tué, agressé, volé, victime d’actes terroristes ? est-on plus en sécurité chez soi ou dans la rue ? qui sont les délinquants ? les Européens sont-ils plus menacés ou se sentent-ils plus menacés ? quelle exploitation est faite de ce sentiment d’insécurité ?, etc. Les réponses apportées sont rarement celles que l’on croit et l’ouvrage passionnera autant qu’il étonnera…

Autre ouvrage étonnant et dérangeant, celui de Pierre Lassieur intitulé L’Arrivée de la Turquie et publié chez Grancher. Des Ottomans à nos jours nous suivons sept siècles d’histoire – jalonnés de massacres – d’un Empire dont un élément des plus étranges est qu’il est fort peu turc car « l’épouse éventuelle, les concubines et les maîtresses du sultan étaient étrangères, son Premier ministre, ses principaux collaborateurs et ses meilleurs soldats étaient étrangers, comme l’étaient ses plus actifs négociants importateurs et exportateurs. »

Au Rocher, est récemment paru Mishima, modernité, rite et mort, d’Henry-Alexis Baatsch. Ouvrage dans lequel l’auteur, fin connaisseur du Japon où il a longuement séjourné, retrace la vie de cet écrivain ouvert au monde, grand voyageur, n’ayant rien dans sa vie privée d’un passéiste, et qui mourut cependant en voulant restaurer la puissance du trône impérial. Effet du hasard, quasiment au même moment, les Editions Pardès publient un Mishima (disponible ici) œuvre de Bernard Marillier. Comme à l’accoutumé celui-ci entend sortir des ornières du culturellement correct. Il étudie ainsi Mishima Yukio dans sa « double voie » de l’art et de l’action, de l’esthétique et de l’éthique, nouvelle union du chrysanthème et du sabre des anciens samouraï.

On appréciera, chez le même éditeur, un Léon Daudet (disponible ici), œuvre de Francis Bergeron et un Jünger (disponible ici) du à la plume d’Isabelle Grazioli-Rozet. Avec des styles bien différents, mais dans les deux cas avec brio, les deux auteurs nous donnent des livres fort complet tout en restant d’accès facile qui permettent de se constituer petit à petit une encyclopédie évolutive des écrivains de la vraie droite.

Chez Dualpha, Jean-Pierre Sourd, consacre lui un ouvrage très fouillé aux Croisés d’un idéal (disponible ici), les volontaires espagnols de la Waffen SS [1944-1945]. Le livre fourmille d’informations diverses et on y relèvera, par exemple, quelques paragraphes sur la participation d’Espagnols aux maquis blancs français.

Renaud Camus eut, il y a quelques années, d’importants déboires pour avoir dans son journal [publié chez Fayard] critiqué la présence trop importante, à ses yeux, de journalistes juifs à l’antenne de France culture. On pouvait penser que notre homme en aurait tiré des leçons et aurait de ce fait rompu avec le politiquement correct. Il n’en est rien, et son Le Communisme du XXIème siècle [Xénia], dans lequel il pourfend l’antiracisme dogmatique et l’immigrationisme, ne manque de sacrifier à l’anti-lepenisme traditionnel avec des arguments moraux d’une médiocrité affligeante. Cette réserve étant faîte, le livre est intéressant et donnera de nombreux arguments à ceux qui estiment que « la France est pleine ».

S’il est un livre récemment paru qu’il faut lire et faire lire c’est incontestablement Le Terrorisme sioniste (disponible ici) de Serge Thion [Akribea]. L’auteur revient en détail sur nombre d’épisodes du terrorisme des partisans d’Israël : assassinat du comte Bernadotte [médiateur des Nations unies], dynamitage de l’hôtel King David, massacre de Kibya, attentats contre les juifs irakiens pour les forcer à émigrer en Israël, attentats contre des bâtiments britanniques et américains en Egypte, provocations multiples, etc.

Chez Fayard, Yves Déloye publie Les Voix de Dieu, une intéressante étude sur le clergé catholique français face aux élections au XIXème et XXème siècles. Dépassant l’aspect purement électoral, l’auteur montre comment l’Eglise catholique mobilisa politiquement ses ouailles et comment s’affrontèrent de ce fait deux France – l’une catholique l’autre laïque – jusque dans le village le plus reculé de notre pays. On ne quittera pas le catholicisme avec le remarquable Grand atlas des saints des Editions du Rouergue. En cent dix portraits magnifiquement illustrés, Antonio Maria Sicari brosse un tableau riche et vivant des saints et fondateurs d'ordres les plus emblématiques de l’histoire Par la diversité des lieux et des époques où ils ont vécu, leur personnalité, la signification singulière de leur « mission », les œuvres qu’ils ont accomplies et l’héritage qu’ils ont laissé, ils offrent des visages extrêmement différents soulignant la multiplicité des aspects du message chrétien.

Un message chrétien dont Raoul Vaneigem dévoile un aspect peu connu et passionnant dans Le Mouvement du libre-esprit [Editions L’Or des fous]. Selon l’auteur « sous le nom de libre-esprit se dissimule le courant occulte du vivant, la part de vie irréductible à l’économie et, par conséquent, à la religion qui en est la forme mythique. Sa trace sillonne de lueurs, inexplicables pour les historiens, hérésies, millénarisme, mais il n’appartient ni à l’idéologies, ni au mouvement social, ni à la philosophie. Il traduit la volonté de dépasser la séparation imposée à la vie arrachée d’elle-même, d’anéantir, dans l’émancipation des jouissances et la création de l’amour, le pitoyable couple du Dieu oppresseur et de la nature opprimée. » On trouverait des accents similaires dans certaines variantes du néo-paganisme. Concernant celui-ci, je ne peux que conseiller la lecture d’A la recherche des Dieux (disponible ici) de Bruno Favrit [Dualpha]. Ce recueil d’article et de réflexions est préfacé par Pierre Gillieth qui en résume ainsi la portée : « la grande santé du rire et la java des sens. » Cette phrase pourrait figurer en exergue du Shivaïsme de Bernard Dubant paru chez Pardès. Spécialiste de la littérature shivaïte sanskrite, l’auteur s’est proposé, en établissant un plan « symbolique », de donner au lecteur tous les moyens de comprendre cette antique tradition, qui n’est tradition vivante que parce qu’elle comporte un pouvoir que le pratiquant peut s’approprier pour recouvrer sa nature originelle.

Lancée en 1961 comme un prolongement du Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, Planète, la revue du « réalisme fantastique », remporta un immense succès, tirant à près de cent mille exemplaires et ayant plusieurs éditions en langues étrangères. C’est à ce phénomène à la fois éditorial, social, culturel et artistique des années soixante que Clotilde Cornut a consacré La revue Planète, une exploration insolite de l’expérience humaine [L’œil du Sphinx]. On relèvera dans les annexes un entretien avec Jacques Mousseau très éclairant sur la personnalité de Louis Pauwels dont nul n’ignore qu’il fut par la suite très lié à l’aventure de la Nouvelle droite.


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Lectures pour l’action no. 41
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